Ressources et idées pour l'école primaire. Décomposition des nombres, poésie, pédagogie. Par Gonzague Jobbé-Duval

Cartes à jouer paritaires F/H

Cartes à jouer paritaires F/H

Les Cartes pour l'égalité ont été créées à l'occasion du 500e anniversaire des cartes françaises classiques.

Deux femmes et deux hommes siègent désormais à chaque niveau hiérarchique.

Les initiales classiques “R”, “D”, “V” sont conservées, ainsi qu'un graphisme classique pour que vous puissiez pratiquer tous vos jeux habituels : mistigri, bridge, poker, belote, rami, vingt-et-un, canasta, patiences.

Mais les Rois ne dominent plus les Dames.

R” : 2 Reines et 2 Rois, tiennent un sceptre et sont coiffé-e-s d'une couronne.
D” : 2 Ducs et 2 Duchesses, tiennent une épée et sont coiffé-e-s d'un chapeau ou d'un voile.


V” : 4 Valets, main sur la hanche, portent les noms de femmes et d’hommes révolutionnaires qui luttèrent pour la République et l’égalité femmes / hommes.

 

Les Cartes pour l'Égalité sont un jeu de 54 cartes accompagné d'une notice explicative et historique. Imprimées par le cartier Cartamundi, elles sont livrées sous cellophane et étui carton original. 

Commandez-les exclusivement ici. Les prix indiqués sont valables pour une livraison en France ou Union Européenne. Pour tout autre pays, laisser un message en commentaire de l'article.

Nombres de jeux

 

Les Cartes pour l'égalité (G. Jobbé-Duval)
Cartes pour l'égalité.
Nouvelle donne !

Les Cartes pour l’Égalité ont l'ambition de contribuer au remplacement des cartes actuelles. Elles proposent de prendre en main un nouveau modèle social, de jouer le jeu autrement, de placer devant des choix éthiques, de réinterpréter notre héritage historique.

Depuis 500 ans les cartes françaises nous donnent l’image d’un monde au sommet duquel trône un homme. Ce monde est celui de toutes nos parties de belote, de bridge, de poker ou de réussites.

Est-il si loin du monde où nous vivons ? Un monde où les hommes gagnent en moyenne 37 % de plus que les femmes dans le secteur concurrentiel. Un monde où 78 % des membres de conseil d’administration du SBF 120, 90 % des maires de communes de plus de 3500 habitants, 73 % des députés et 78 % des sénateurs sont des hommes.

Dans ce monde là des femmes se font pourtant leur place comme dirigeante d’entreprise ou de parti politique, conseillère régionale, juge, responsable de service, responsable de projet. Elles redistribuent les cartes tant et si bien qu’elles redessinent ces cartes et élargissent ainsi l’image des Dames.  Voici que la Dame de carreau échange son bouquet de fleurs contre le sceptre doré d'une Reine et vient siéger au côté du Roi de pique.

Et bien leur jeu nous plait et nous voulons nous aussi ces nouvelles cartes : des cartes où les reines valent autant que les rois et où tous les niveaux sont mixtes.

Est-ce une lubie de notre part ? Souvenez-vous que dans l’histoire de France de nombreuses femmes gouvernèrent la France en toute légitimité. Je ne parle même pas des reines qui collaborèrent au gouvernement de leur époux. Je parle des 21 femmes qui gouvernèrent la France depuis sainte Clotilde au VIe siècle. On préfère souvent rappeler l’influence des favorites mais des femmes plus nombreuses exercèrent le pouvoir en pleine lumière. La lettre « R » désignera donc les Reines et les Rois.

Quel chamboulement dans nos repères ! La hiérarchie chancelle ! Qu’elle chancelle encore : vous savez qu’à la belote le valet joué à l’atout est la carte maîtresse. Et bien tout en bas de l’échelle nous donnerons à nos Valets des noms de révolutionnaires féministes.

Et au milieu ? Et bien nous offrirons la lettre « D » à des Duchesses et à des Ducs.

 Rassurez vous, cela ne change rien à vos habitudes de jeu : nous gardons la hiérarchie inhérente à nos cartes. Simplement nous la rendons moins naturelle, plus instable, comme à la veille d’une révolution. Pour différencier les niveaux hiérarchiques entre les Reines–Rois et les Ducs–Duchesses, nous ne changeons rien à l’ordre et au choix des initiales « R », « D », « V »  et nous allons renforcer l’unité et la visibilité des attributs propres à chaque niveau hiérarchique : sceptre et couronne pour reines et rois ; épée et simple couvre-chef pour ducs et duchesses. La fonction passe désormais plus clairement avant le sexe.

Pour l’esthétique globale, ces nouvelles cartes veulent s’inscrire dans le prolongement des cartes classiques qui ont évolué par paliers depuis les premières cartes au « portrait de Paris » ou « portrait français » vers 1510 . Nous n’avons pas souhaité modifier radicalement l’esthétique et les repères, comme le firent en pure perte les cartes éditées pendant la Révolution Française ou le Premier Empire. Nous n’avons pas non plus souhaité ajouter une belle « vue d’artiste » à celles qui existent déjà. Nous restons modestement dans les formes imposées car nous avons l’ambition de créer un nouveau « Portrait français » : le 9e, à l’occasion des 500 ans de sa naissance. Il devient ainsi le « Portrait Français 2010 ».

Nous gardons donc les mêmes figures, les mêmes enseignes (pique, cœur, carreau, trèfle), les mêmes lettres en coin (R, D, V), les mêmes couleurs aux vêtements et le même style général conservé par nos bonnes vieilles cartes depuis 1813. Nous changeons seulement quelques étoffes, quelques objets , l'orientation et la place de certains personnages et leur nom  Nous espérons ainsi convaincre les joueuses et les joueurs d’adopter les « Cartes pour l’égalité » comme outil pour troubler la hiérarchie de genre et comme jeu tout simple et familier pour s'amuser entre ami-e-s, en famille ou en classe.
 
G. Jobbé-Duval
 
"Cartes pour l'Égalite", "Portrait français 2010" et "Portrait de Paris 2010", sont des marques déposées. Le dessin des cartes est déposé.

 

Des femmes

De nouveaux noms ? Nous voulons en effet appuyer sur du concret la nouvelle place de chacun et de chacune. C’est dans l’histoire de France que nous allons trouver nos reines qui valent autant que des rois : les 21 reines qui gouvernèrent légitimement la France depuis sainte Clotilde au VIe siècle.

Les hommes qui fabriquent les cartes et placent les rois au-dessus des reines peignent-ils leurs souhaits ou la réalité historique ? Les cartiers d’hier et d’aujourd’hui ignorent-ils par exemple les reines mérovingiennes Clotilde, Brunehilde et Bathilde qui furent associées au pouvoir territorial de leur mari et organisèrent à sa mort le contrôle, le partage ou l’unité du royaume au profit de leurs fils mineurs [1] ?

 

Héritières

Ignorent-ils qu’en France comme ailleurs les filles pouvaient hériter du royaume en l’absence de frère et que si les 300 premières années de dynastie capétienne furent masculines c’est par le hasard des naissances ? Ignorent-ils aussi que quand il y eut enfin des héritières après Louis X, elles auraient pu légitimement régner à la place de Philippe V, Charles IV et Philippe de Valois qui en firent peu de cas, sans aucune justification valable puisqu’ils ne connaissaient pas l’existence d’une « loi salique »[3] ? Ignorent-ils que cette loi salique, dont les juristes voulurent faire ensuite une loi fondamentale du royaume, ne fut jamais ratifiée par les rois, qu’elle mit des siècles à gagner une légitimité et qu’il fallut d’abord la réécrire secrètement pour qu’elle aille dans le sens souhaité ?

 

Régentes

Ignorent-ils que cette loi successorale naissante n’empêcha pas, bien au contraire, de confier la régence du royaume aux reines mères pendant la minorité du roi, comme cela avait déjà été le cas bien souvent, notamment pour Blanche de Castille pendant la minorité de Louis IX ? Charles VI, qui établit les nouvelles bases de la régence, jugeait les reines mères mieux aptes à gouverner que les grands du royaume toujours tentés d’usurper le pouvoir. Qui de mieux qu’une veuve interdite de succession pour défendre les intérêts de son fils et user légitimement de la souveraineté du jeune roi[4] ?

Les cartiers n’eurent-ils pas vent du gouvernement légitime de la reine Anne de France pendant la minorité de son frère Charles VIII et au-delà, ou du gouvernement de Catherine de Médicis pendant la minorité de son fils Charles IX et bien après encore ?

Que penser alors des cartiers de la Révolution française, qui ont fait disparaître les figures royales et continuent pourtant de placer des hommes au premier rang pour illustrer l’ « Égalité » et des femmes au deuxième rang pour illustrer la « Liberté » ? Que penser encore des cartiers d’aujourd’hui qui éditent des cartes au visage des personnes illustres du XXe ou du XXIe siècle en plaçant toujours les femmes au second rang ? Cela montre bien que la subordination des femmes dans les cartes à jouer n’a pas pour enjeu la description de la réalité mais… la subordination des femmes.

Par respect du pouvoir réel des femmes dans l’histoire de France et pour ne pas reconduire un instrument de domination, nous mettons en avant sur nos « Cartes pour l’égalité » des femmes qui exercèrent le pouvoir en pleine lumière :

  • Le pouvoir légitime. Non pas l’influence de favorites[5] mais le pouvoir direct des 21 reines qui gouvernèrent la France, parmi lesquelles : Anne de France (XVe siècle). Et nous donnons aussi à une reine le nom de Jeanne de France qui aurait du être la première capétienne par héritage de Louis X. C’est notre première victime du « plafond de verre ».  Son exclusion, et celles des filles des deux successions royales qui suivirent, furent plus tard laborieusement justifiées par l’invention de la 2e loi salique.
  • Le pouvoir légitime encore. Celui des duchesses qui ne tenaient pas forcément ce titre de leur mari, pouvaient posséder un duché de plein droit ou participer directement aux combats politiques sans l’entremise d’un mari ou d’un amant, parmi lesquelles : les duchesses Agnès de France et Anne de Bretagne.
  • Le pouvoir ouvertement contestataire aussi. Non pas celui des allégories de la liberté guidant le peuple[6] mais le pouvoir des femmes réelles, des femmes libres de 1789 ou 1848 qui combattirent pour la liberté des citoyens et des citoyennes, parmi lesquelles : les vaillantes révolutionnaires Olympe de Gouge et Jeanne Deroin.

 

Des hommes

Puisque les féministes n’ont jamais voulu prendre la place des hommes, c'est-à-dire renverser la situation pour qu’elle soit en défaveur des hommes, puisqu’elles ont au contraire toujours recherché l’égalité, les hommes seront autant présents sur nos cartes que les femmes.

Nous retenons un Charles pour roi de cœur, comme sur nos cartes anciennes. Celui-ci c’est Charles VI sous le règne duquel apparurent les jeux de cartes. Nous retenons aussi Louis XII, sous le règne duquel prirent forme à Paris les premières cartes à jouer standard ancêtres de nos cartes actuelles.

Pour les ducs, nous retenons le duc de Bourgogne, qui fit la guerre à Charles VI, et le duc de Bourbon, Pierre II, sire de Beaujeu, époux d’Anne de France.

Parmi les vaillants révolutionnaires, nous retenons Condorcet et Charles de Villette[7] qui inclurent la liberté des femmes dans le combat pour la liberté humaine et ne furent ainsi pas révolutionnaires à moitié comme tant d’autres qui appelèrent « suffrage universel » le suffrage masculin.

 

[1] R. Compatangelo-Soussignan, E. Santinelli (dir.), « Territoires et frontières en Gaule du nord et dans les espaces septentrionaux francs », Revue du Nord, n° 351, juillet-septembre 2003, pp. 631-353.

[3] Sur ce sujet, voir les ouvrages et articles d’Eliane Viennot.

[4] Sur ce sujet, voir les ouvrages et articles de Fanny Cosendey.

[5] Comme on les retrouve dans : le « Jeu historique : Les souverains et leurs favorites », édité par Grimaud sous le Second Empire et réédité de nos jours ; ou dans le « Jeu des grandes courtisanes », édité de nos jours par Face & Dos.

[6] cf. tableau de Delacroix et cartes de la Révolution (Hoffmann 1972 : planche 54a, 1830 ; jeu de l’an II par Gayant, p. 34)

[7] Olivier Blanc, « Charles de Villette (1736-1793) député et féministe sous la Révolution »

 

Notice complète à télécharger ici.

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P
Je vois que les valets (serviteurs) restent à 100% des hommes, faites les choses jusqu’au bout car votre combat n’est pas logique là
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À
2 valets sont des femmes, légèrement redessinés, et ils portent des noms de femmes. Je suis toujours étonné quand des gens manifestement pas intéressés par la question expliquent que ce n'est pas comme ça qu'il faudrait faire.
J
Bonjour et merci pour cet article. <br /> Je pense m'acheter un jeu paritaire prochainement !
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L
Merci: j'aimerais qu'un jeu de cartes soit expédié en Lettre Suivie Internationale au 71917-000 Brasília, Brésil.
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L
Cher monsieur : pourriez-vous svp envoyer un jeu de cartes à l'étranger ?<br />  <br /> Merci
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